L’art transfigure le réel

“Reflet ou réflexion, le connaître théoriquement “pur” qui prétend rendre compte du “réel”, des processus, de la vie sociale, des données de la pratique, ce connaître retombe vers la systématisation réductrice, dès qu’il ne se borne pas à juxtaposer les connaissances “positives” et parcellaires, miettes du savoir. Par contre, l’art transfigure le réel, “l’être”. Il le transcende, au lieu de le connaître, parce qu’il crée. Ce n’est ni un luxe ni une frivolité. Mieux que sérieux, il est grave. Il a un rapport avec la façon de vivre, avec ce qu’il faut nommer le style; il en est le fondement. L’art en général n’est donc pas une variété secondaire de la connaissance théorique, ou la connaissance obscure de ce qui reste obscur de ce qui reste obscur dans l’existence, un résidu de l’intellect.”

(pages 75-76)

Henri Lefebvre, Le manifeste différentialiste. Paris: Gallimard, 1970.

Emprunté de la Bibliothèque de l’Aménagement à l’Université de Montréal.

Our species’ proclivities to be worried, anxious and stressed

“As a reminder, adaptations are features shaped by natural selection that promote relative reproductive success (fitness). Consequently, adaptations evolve to promote health, longevity and happiness only insofar as these qualities benefit an individual’s ability to have more surviving offspring. To return to an earlier topic, humans evolved to be prone to obesity not because excess fat makes us healthy, but because it increases fertility. Along the same lines, our species’ proclivities to be worried, anxious and stressed cause much misery and unhappiness, but they are ancient adaptations to avoid or cope with danger. And we not only evolved to cooperate, innovate, communicate, and nurture, but also to cheat, steal, lie, and murder. The bottom line is that many human adaptations did not necessarily evolve to promote physical or mental well-being.”

(page 21)

Daniel E. Lieberman. The Story of the Human Body: Evolution, Health, and Disease. New York: Pantheon Books, 2013.

Borrowed in digital format from the Vancouver Public Library.

Un parcours historique et dramatique, un trajet de l’action, un projet de l’épanouissement humain

“Entre “l’être” (le commencement, la “nature”, la matière, pour Marx) et la fin (la société possible), il n’y a pas un abîme infini; il n’y a pas non plus une distance infinitésimale qu’un acte de pure pensée pourrait annuler. Il y a un parcours historique et dramatique, un trajet de l’action, un projet de l’épanouissement humain. La pensée transforme l’être en se l’appropriant. Cependant, cette appropriation, lente, difficile, conquise à travers des conflits et des combats, implique “autre chose” que la pure pensée philosophique, à savoir la pratique. L’objet et le sujet se définissent autrement que par l’abstraction spéculative. Impliquant la différence entre “être” et “pensée”, la pensée s’appuie sur cette différence; elle l’accentue, mais ce n’est pas pour abandonner “l’être”, pour renoncer à la nature initiale (native). La pensée métamorphose l’être, et la métaphilosophie part de ce constat, alors que la philosophie réduisait la pensée à l’être (ou inversement). Entre ces termes, il n’y a ni séparation ni confusion. Une coupure, une frontière absolue, tracée initialement par une faute inexpiable (péché originel), par une déviation fondamentale, par une erreur au départ (thèses réligieuses souvent reprises par les philosophes), c’est le nihilisme qui s’introduit sous couvert de vérité.”

(pages 73-74)

Henri Lefebvre, Le manifeste différentialiste. Paris: Gallimard, 1970.

Emprunté de la Bibliothèque de l’Aménagement à l’Université de Montréal.

Your body is a jumble of adaptations

“Your body is a jumble of adaptations that accrued over millions of years. An analogy for this hodgepodge effect is a palimpsest, an ancient manuscript page that was written on more than once and thus contains multiple layers of texts that begin to mix up over time as the more superficial texts rub away. Like a palimpsest, a body has multiple related adaptations that sometimes conflict with one another, but at other times work in combination to help you function effectively in a broad range of conditions.”

(page 21)

Daniel E. Lieberman. The Story of the Human Body: Evolution, Health, and Disease. New York: Pantheon Books, 2013.

Borrowed in digital format from the Vancouver Public Library.

Penser et être, c’est à la fois le même (la même chose) et l’autre (autre chose)

“Le plan philosophique peut et doit se considérer comme initial et fondamental, bien qu’il s’agisse d’en sortir en dépassant son abstraction spéculative. Il y a sur ce plan deux attitudes et opérations réductrices: la tautologie et l’analogie, l’identification et l’assimilation, la réduction au schéma du Même et la réduction à la représentation de l’Autre.

Pendant deux mille ans, la philosophie a tenté de donner une réponse à l’interrogation de Parménide. Penser et être, c’est à la fois le même (la même chose) et l’autre (autre chose). Qu’est-ce que c’est la pensée? Elle cherche ce qui est; elle se veut et se dit pensée de ce qui est: de “l’être”.

Et cependant, si la pensée cherche “l’être”, c’est qu’elle n’est pas (ou n’est plus) l’être en question. Cet être lui manque; et la présence de la pensée à elle-même est absence de l’être. Elle en diffère.”

(pages 70-71)

Henri Lefebvre, Le manifeste différentialiste. Paris: Gallimard, 1970.

Emprunté de la Bibliothèque de l’Aménagement à l’Université de Montréal.

Nearly a third of your genome has no apparent function

“A first problem is to identify which [genetic] features are adaptions and why. Consider your genome, which is a sequence of about three billion pairs of molecules (known as base pairs) that code for slightly more than twenty thousand genes. Every instant of your life, thousands of your body’s cells are replicating these billions of base pairs, each time with nearly perfect accuracy. It would be logical to infer that these billions of lines of code are all vital adaptions, but it turns out that nearly a third of your genome has no apparent function but exists because it somehow got added or lost its function over eons. Your phenotype (your observable traits, such as the color of your eyes or the size of your appendix) is also replete with features that perhaps once had a useful role but no longer do, or which are simply the by-products of the way you developed.”

(page 18)

Daniel E. Lieberman. The Story of the Human Body: Evolution, Health, and Disease. New York: Pantheon Books, 2013.

Borrowed in digital format from the Vancouver Public Library.

Lorsqu’elle détruit ce qu’elle a mis entre parenthèses

“Les attitudes intelletuelles qui nient les différences, nous les avons nommées réductrices. C’est une définition théorique, c’est-à-dire scientifique. Elle exige une précision. La réduction est légitime quand elle met de côté un contenu pour le retrouver, pour le connaître. La réduction légitimement opérée situe et restitue le contenu. C’est le cas de l’analyse dialectique concernant la forme de la valeur (d’échange) et le travail social. La théorie de la réduction, correctement (dialectiquement) menée, aboutit à la déterminer et à la limiter. La théorie reconnaît théoriquement les différences. Elle réfute des réductions abusives. La réduction se change an abus lorsqu’elle détruit ce qu’elle a mis entre parenthèses, soit sur le plan théorique, soit sur le plan pratique. En effet, les attitudes réductrices justifient les actions destructrices, le plus souvent en dissimulant idéologiquement la réduction et la destruction, la répression et l’oppression, la stratégie homogénéisante et ses objectifs.”

(pages 69-70)

Henri Lefebvre, Le manifeste différentialiste. Paris: Gallimard, 1970.

Emprunté de la Bibliothèque de l’Aménagement à l’Université de Montréal.